Vins Bordeaux primeurs 2015
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Publié le 20 avril 2020 Dans : Primeurs Bordeaux, Slider home Avec 639 Vues

Primeurs 2019 à Bordeaux : Qu’attendre de ce millésime ?

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Début avril 2020, l’épidémie de Covid-19 cloue au sol les professionnels du vin, les journalistes et les critiques. La crise sanitaire les empêche de venir déguster les échantillons des primeurs  2019 de Bordeaux. Qu’à cela ne tienne ! ? Nous avons recueilli des informations auprès de ceux qui ont fait le vin, à savoir les grands œnologues Thomas Duclot et Eric Boissenot. Voyons ce qu’ils ont à nous dire.

Retour sur la climatologie de ces primeurs 2019

Le développement de la fleur et la véraison lui succédant ont été assez hétérogène, avec des écarts d’une vingtaine de jours d’une parcelle à l’autre. Le mois d’août a été chaud, sans pour autant être caniculaire. Les nuits étaient assez fraîches et cet écart de température est toujours propice au développement de la maturité des fruits. 

Les vendanges des blancs ont pu commencer fin août, début septembre et la surprise fut grande quand on découvre des jus d’une étonnante fraîcheur et d’une puissance aromatique remarquable. 

Puis les merlots de la rive droite sont vendangés et vers le 20 septembre on assiste à des épisodes de pluie qui permettent de débloquer les maturités. Les cabernets apprécient la pluie qui vient diluer le sucre et affiner la maturité phénolique. 

En octobre, le botrytis se développe à merveille sur les raisins de Sauternes et de Barsac. 

Au total, les vendanges se sont déroulées dans d’excellentes conditions sanitaires et les rendements observés sont généreux. Il y aura plus de vin dans ce millésime 2019 qu’en 2018 ou en 2017.

Primeurs 2019 en Rive Droite : Pomerol, Saint-Emilion, Fronsac, Côtes de Castillon 

Thomas Duclot nous révèle que les deux grands sujets primeurs 2019 auront été le choix de la date des vendanges et de l’extraction. La date des vendanges était cruciale et aura nécessité une surveillance de chaque instant : les merlots sont assez instables et le mûrissement était très différent d’une parcelle à l’autre. Il fallait être très réactif.

Les grands terroirs aux argiles denses et profondes de Pomerol,  tout comme les sols froids du Plateau Calcaire de Saint-Emilion ont offert des conditions idéales pour que la plante puisse se mettre à l’abri d’un stress hydrique. Il en résulte des tannins d’une extrême douceur et une fraîcheur intense. 

Lorsque nous sommes passés voir l’entrée des vendanges à Cheval Blanc, Pierre-Olivier Clouet, le directeur technique, venait de terminer les macérations des merlots et se réjouissait d’avoir vu naître les « meilleurs merlots de son histoire ». L’équipe de Château Canon était de son côté sans voix et, avec un sourire affable, nous invitait à revenir à la dégustation d’avril ! « Nicolas Audebert et son équipe attendaient leurs cabernet francs et ne savaient pas encore qu’ils allaient vendanger de très grands raisins » – dixit Thomas Duclot !

Sur la vinification, la différence se fera sur le niveau d’extraction. Plus celle-ci aura été douce et plus les tannins seront délicats. Les vins sont particulièrement équilibrés, riches sans pour autant être imposants. Les arômes de fruits noirs sont d’une rare intensité. Ce millésime lui rappelle 2010 en nettement moins austère !

Primeurs 2019 en Rive Gauche : Saint-Estèphe, Pauillac, Saint Julien, Margaux, Haut-Médoc et Médoc

Eric Boissenot commence par partager une observation : la plante s’accommode de mieux en mieux aux chaleurs excessives qui lui sont proposées. Elle sait s’organiser et va chercher au plus profond les minéraux nécessaires à sa survie. Et la surprise est que les merlots génèrent contre toute attente un lot de fraîcheur inattendu. Les cabernets ont volontiers accepté les pluies de fin septembre – cette variété profitant bien plus de ce genre de situation qu’un merlot. Les baies ont pu ainsi se regonfler et faire baisser le degré d’alcool redouté. L’assemblage allait être un moment attendu comme complexe et intéressant avec des merlots chauds – moins exubérants que ceux de 2018 – et des  cabernets austères. Il ne s’attendait pas à pouvoir composés des vins aussi équilibrés.

Fin septembre, nous avons pu pousser les portes de plusieurs propriétés et je me souviens clairement du discours enthousiaste de Mathieu Bordes – Château Lagrange pour lespetits-verdots qu’il venait tout juste de vendanger : « ce cépage propose la meilleure conjonction entre les Merlots et les Cabernets Sauvignon. Si les petits-verdots sont bons, le vin risque d’être excellent ! »  

Ce qui caractérise les vins primeurs 2019 ce sont de très belles longueurs en bouche, des arômes persistants, des tannins élégants et souples et une grande buvabilité. Voilà, pour lui, les caractéristiques d’un millésime exceptionnel.

S’il fallait comparer les Primeurs 2019 de la Rive Gauche, Eric Boissenot évoque avec plaisir les vins du millésime 2009 et du très grand 2016 !

À propos de Thomas Duclot et Eric Boissenot

Thomas Duclot conseille des châteaux prestigieux et notamment les châteaux Canon, Beauséjour-Bécot, Troplong Mondot, Gazin et Giscours. De plus, sa sphère d’influence serait plutôt Rive Droite. 

Eric Boissenot conseille toutes les grandes propriétés qui comptent en Rive Gauche et notamment Calon-Ségur, Montrose, Cos d’Estournel, Mouton-Rothschild, Lagrange, Margaux et Rauzan-Ségla.

Source : cet article a été réalisé à partir d’une interview menée auprès d’Eric Boissenot par Vert de Vin disponible sur Youtube et d’une interview auprès de Thomas Duclot, menée par la société CVBG, traduit dans son journal SKOPEO.

fiche autheur Thierry Goddet

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