Vins Bordeaux primeurs 2015
vignoble
vignoble

Publié le 16 avril 2020 Dans : Actualités, Actualités du vin, Slider home Avec 507 Vues

Covid-19 : quel impact sur le vignoble français ?

vignoble

Alors que les mesures de confinement semblent se prolonger, beaucoup de secteurs économiques sont touchés et le domaine viticole aussi boit la tasse. Les vignerons lancent un appel à l’aide : entre respect des mesures barrières, confinement et enjeux économiques, le vignoble français doit s’adapter. Les producteurs avec qui nous travaillons nous ont fait part de leurs difficultés mais aussi des solutions qu’ils mettent en place dans ce contexte difficile. Plongeons ensemble au coeur du vignoble pour prendre la température de la production française.

Les enjeux à la vigne 

La France est sous cloche mais la vigne, elle, ne se confine pas. En cette saison, le vignoble sort de son sommeil hivernal et le travail de la vigne doit s’adapter. Arnaud de Laforcade au Château Cheval Blanc reprend les paroles de Voltaire et nous rappelle qu’il faut cultiver notre jardin ». Il décrit que les activités au vignoble (la fin du broyage des sarments, fin du pliage, complantation et ébourgeonnage) ont lieu “dans une ambiance particulière”. En effet, les gestes barrières ne s’arrêtent pas aux portes des vignobles. 

Pour cela, les équipes continuent leur travail en s’adaptant : 

  • Au Clos du Cailloux, à Châteauneuf-du-Pape, les salariés se rendent à la vigne par leurs propres moyens évitant ainsi la trop grande promiscuité dans les voitures. Les principes de l’agriculture en Biodynamie continuent d’être appliqués coûte que coûte. 
Travail au Chai au Clos du Caillou

Travail au Chai au Clos du Caillou

  • À Bordeaux, au Château Cheval Blanc, on travaille 1 rang sur 2 et le local de pause est fermé. Chacun a plus de temps et de silence pour observer la nature environnante, le réveil des végétaux et des insectes, entraînant l’activité des passereaux, puis celle des rapaces, les oies et les grues qui repassent, virus ou pas.
Château Cheval blanc

Château Cheval blanc

  • Pour Alexis Gerin à Côte-Rôtie, 5 mètres séparent les membres de l’équipe qui ne sont pas plus de 2 par vigne. 

De manière générale, les domaines comptent sur leurs équipes de salariés permanentes pour assurer les tâches. Ils appliquent la distanciation sociale mais continuent le travail à la vigne car le printemps est une période très importante pour le développement du vignoble.

La cohésion à toute épreuve

Comme le souligne l’équipe du Domaine Alain Voge en Vallée du Rhône, la situation est paradoxale car au moment où les équipes administratives sont priées de rentrer chez elles, les recherches de saisonniers pour la vigne battent leur plein. Les travaux d’entretien comme le débroussaillage, l’ébourgeonnage et l’attachage ne vont pas tarder. À l’image de l’appel récent des agriculteurs pour davantage de main-d’oeuvre, certains vignerons auront besoin de volontaires.

Nous espérons également que les conditions climatiques seront favorables à la vigne. À Bordeaux, l’équipement anti gel a été mis en place mais n’a pas été utilisé pour le moment. Cette problématique du gel printanier pourrait rendre la tâche encore plus compliquée pour certains domaines qui viendraient à manquer de moyens financiers et humains.

Nouvelle organisation au chai

Au chai aussi, la situation est inédite et nécessité quelques adaptations. En cette période de mise en bouteille, certains, par chance n’en avaient pas prévu, d’autres ont dû s’adapter.

Quand le Château Cheval Blanc assure le soutirage, chez Alain Voge, “le travail en cave est réduit au strict nécessaire en fonction des précautions de distanciation”. Cela nous assure ainsi des cuvées à boire pour cette année. Cependant, des concessions ont été faites : la prise de mousse de la cuvée Les bulles d’Alain a, par exemple, été reportée.

Si la situation venait à se prolonger, il faudra trouver des solutions pour assurer les mises en bouteille et la continuité de la production.

Baisse de la consommation, le gros challenge 

On a vu un afflu des consommateurs dans les magasins de première nécessité. Le son de cloche est très différent pour les producteurs de vin. L’arrêt des ventes aux caveaux, la fermeture des restaurants, la limitation des échanges avec l’étranger diminuent le nombre de commandes. Beaucoup de producteurs récoltants ne sont pas distribués dans les grandes surfaces. L’ouverture des cavistes ne suffit pas à combler le manque de commandes.

Comme nous le rappelle Lionel Fraisse du Domaine Alain Voge, certains domaines sont plus chanceux que d’autres. Ils peuvent compter sur la capacité de leurs vins à se bonifier dans le vieillissement. Cette période calme est également l’occasion pour eux de réfléchir sur le sens et la stratégie du domaine. À Bordeaux aussi ce répit est mis à profit pour “réfléchir aux manières d’aider le secteur de la restauration” ou les moyens “d’adapter la stratégie de commercialisation dans le contexte de crise sanitaire”. Pour Marilou Vacheron, cette période permet de déguster et de redécouvrir de vieux millésimes de Clos du Caillou.

dégustation clos du caillou

Dégustation « clos du caillou »

dégustation clos du caillou

Dégustation de bouteilles au Clos du Cailloux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous sont inquiets pour leur domaine mais aussi pour l’ensemble des acteurs du secteur. Arnaud de Laforcade évoque les partenaires négociants, détaillants en France et dans le monde entier, sommeliers, etc., touchés par cette crise. Lionel Fraisse évoque les marques profondes, financières et humaines qu’aura cette pandémie sur le secteur. La crise ne concerne pas uniquement les domaines mais toute la chaîne de production et de distribution.

Une sortie de crise à l’horizon

Dans ce contexte difficile, tous apprécient de pouvoir compter sur leurs équipes soudées. Ils espèrent pouvoir sortir de cette crise au plus vite. Si, pour le moment, la production et la commercialisation peuvent être assurées, beaucoup d’inconnues – comme la durée de la crise – rendent la situation encore plus difficile.

On le comprend, la France et son vignoble, traversent une période compliquée. Chez Cavissima, nous espérons que ces producteurs continueront de nous régaler de leurs si belles cuvées !

En attendant de pouvoir visiter à nouveau les caveaux de ces jolis domaines et de pouvoir retourner à la table des restaurateurs, nous, consommateurs ne devons pas oublier de soutenir nos producteurs. Après tout, quoi de mieux qu’une bonne bouteille de vin. Vous pourriez accompagner nos plats de pâtes et nos apéros à la fenêtre !

fiche autheur Thierry Goddet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *