Vins Bordeaux primeurs 2015
Primeurs Bordeaux 2018 : Nos impressions
Primeurs Bordeaux 2018 : Nos impressions

Publié le 8 avril 2019 Dans : L'actualité de Cavissima, Les actualités du vin, Slider, Tout sur les vins Primeurs Avec 2000 Vues

Primeurs Bordeaux 2018 : Nos impressions

Le millésime 2018 à Bordeaux, un charmant géant

Nous voici rentrés des dégustations des primeurs de Bordeaux 2018. 3 jours pendant lesquels nous avons sillonné les châteaux de Bordeaux, tantôt rive droite, tantôt rive gauche. L’heure est à présent à la restitution de nos impressions. Nous étions très enthousiastes à l’idée de déguster ce vin, tandis que nous avions assisté à l’entrée de vendanges, fin septembre dernier. Verdict, le Bordeaux millésime 2018 est un colosse de 2m20 avec des épaules de rugbyman, des poignets de judoka et des cuisses de cycliste. C’est un géant en pleine forme et qui vivra longtemps !

Primeurs Bordeaux 2018 - L'équipe de Cavissima

L’équipe de Cavissima lors des dégustation des Primeurs 2018 au Château Haut-Brion.

La météo 2018, un défi pour les vignerons

Des épisodes de pluie à rallonge en avril, mai et juin ont créé les conditions d’un mildiou impactant les rendements. Ce sujet est lourd de conséquences pour les châteaux pratiquant la viticulture bio et biodynamique. Les quantités produites sont souvent inférieures et vont créer de la rareté. On note que les châteaux capables de mobiliser au pied levé leurs équipes pour traiter la vigne ont sauvé leur production.

Puis, un été interminable s’est installé à partir du 21 juin, avec des températures de saisons très élevées en journées et des nuits heureusement assez fraîches.

Dans ces conditions, les propriétés bénéficiant de certains facteurs favorables ont pu limiter le stress hydrique :

  • Les propriétés qui disposent d’un sol capable de retenir la fraîcheur, un plateau calcaire ou les argiles denses de Pomerol.
  • Celles qui sont bercées par des brises marines, comme Saint-Estèphe.
  • Celles qui pratiquent une viticulture adaptée au réchauffement climatique et favorisant la rétention d’eau, comme la biodynamie, l’épandage de chaux sur les feuilles ou le rehaussement de la surface foliaire.

 

C’est précisément dans ces propriétés que nous avons dégusté de très grands vins.

Un millésime à la fois très qualitatif et assez hétérogène

L’été à rallonge a bénéficié dans son ensemble à la vigne. Les vendanges se font dans d’excellentes conditions sanitaires :  les Merlots sont merveilleusement affinés, délivrant une fraîcheur inattendue, fait rarissime. Par ailleurs, les autres Cabernets ont mûri paisiblement. Ainsi, les baies arrivent dans des conditions idéales à la vinification. La sagesse était de vendanger assez tôt pour capter suffisamment de tension sur les baies sans pour autant négliger la maturité phénolique. Les peaux étant assez dures, nous avons remarqué que les meilleurs vins sont produits par des maîtres de chais favorisant une extraction douce. Château Cheval Blanc nous a laissé une belle émotion avec sa finale douce et salivante, tandis que certains vins de Saint-Julien se sont montrés encore fermés et tanniques. On se tarde de les découvrir en bouteille.

Au Château Troplong-Mondot, 15 jours de macération auront suffi. Au Château Les Carmes Haut-Brion, l’infusion aura totalement remplacé le pigeage et le remontage. Nous observons que pour réaliser un grand vin sur ce millésime, il aura fallu plus que jamais observer la nature, l’accompagner, adapter sa viticulture avec réactivité et mettre en place une vinification tout en douceur. En résumé, 2018 est avant tout un millésime identitaire, reflétant le travail des châteaux et de leurs équipes. Ainsi, le niveau qualitatif est variable selon la qualité des décisions prises. Quand les bons choix ont été fait, comme au Château Canon, les vins sont excellents.

Bordeaux 2018 versus Bordeaux 2016

J’ai comme la sensation que ces 2 millésimes sont champions du monde. On avait adoré la partition du 2016 : un vin parfait avec des tanins mûrs, une fraîcheur et un degré d’alcool imperceptible. À un niveau très élevé et très homogène, ce millésime 2016 est comme un demi d’ouverture, pour filer la métaphore rugbystique. Sa dimension est parfaite pour jouer avec précision, à la fois au pied et à la main. Son jeu est plaisant et nul besoin d’être connaisseur pour l’apprécier !

Le millésime 2018, quant à lui, est un deuxième ligne : il est fort en matière, tannique, riche en alcool et possédant une trame remarquablement acide. C’est un colosse, parfaitement équilibré, avec une sacrée belle gueule. Pour le moment, son jeu est invisible mais il va savoir plaquer, sauter et extraire les ballons dans la mêlée avec une force et une énergie incroyable. Lui aussi va traverser les épreuves du temps et s’affiner au fil des matchs. C’est un vin qui traversera les années. Dans l’ensemble, les tanins sont mûrs, agréables et délicats. Les meilleurs vins dans ce millésime sont ceux qui offrent un bel éclat du fruit, une profondeur, une longueur, une finale salivante et une minutieuse impression d’intégration de la matière tannique avec l’alcool et l’acidité. La cave (en ligne) est obligatoire pour tous les vins de ce millésime.

Pour ce millésime 2018, certains châteaux ont élaboré leur meilleur vin jamais produit. C’est le cas des châteaux Lafleur, Pichon Comtesse, Smith Haut Lafitte blanc, Canon, Rauzan-Ségla, Troplong-Mondot, Figeac, Calon-Ségur et Clos Fourtet. Cette liste ressemble peu ou prou à celle du millésime 2017. Ce sont les châteaux qui progressent sur le plan qualitatif. Avis aux amateurs !

Article de Thierry Goddet, Président de Cavissima

Alerte Email Primeurs Bordeaux 2018

fiche autheur Thierry Goddet

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