À la découverte des vignobles

Carnet de voûte #6 – Vinus vivants !

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Qui dit Beaujolais, dit Beaujolais nouveau ?

Le succès fulgurant de ce produit, qui est devenu au fil des ans un véritable événement marketing planétaire, copié depuis une quinzaine d’années par d’autres appellations, aura probablement nui à cette région. La production de vin de Beaujolais est en régression et les producteurs sont incités à arracher. Le produit Beaujolais, dont l’image est trop souvent associée à ce vin léger et fruité est sans doute devenu trop cher pour trouver une place de choix dans cette compétition internationale du vin.

 

De grandes maisons apprécient le Beaujolais

Et pourtant, nombreuses sont les maisons qui s’intéressent à cette région ! La maison Louis Jadot fut l’une des premières à s’implanter en achetant dès 2000, le Château des Jacques, à Romanèche-Thorins. Depuis de célèbres maisons comme notamment Bouchard, Faiveley et Latour s’y sont installées.

Alors découvrons comment Guillaume de Castelnau, le directeur du Château des Jacques réussi à faire des vins d’exception.

Le Château des Jacques est un domaine de 75 ha comprenant 10 ha de Chardonnay, 27 ha de Morgon, 2 ha de Chenas et 35 ha de Moulin à Vent.  Les deux Moulins à Vent élaborés au domaine sont plantés sur des sous-sols granitiques contenant également du quartz, du grès rose, du saprolithe et des traces d’oxyde de manganèse.   Il s’agit de sols à haute vibration, nous explique Mr de Castelnau : le quartz est une pierre de soleil (élément feu) et l’argile qui la recouvre (roche dégradée) est pauvre en matière organique. Cette caractéristique de vibration est importante pour comprendre la nature de notre vin.

Contrairement au Morgon, pénétrant et masculin, le Moulin à Vent est un vin féminin. A la dégustation, notre hôte nous décrit, verre à la main, ce vin qui vous emplit et vous accueille. C’est un vin fait de délicatesse et de finesse.  C’est la terre qui lui donne son caractère ! « Car, ici, voyez vous, la terre et le cépage ont une histoire de vie commune depuis des siècles : ils se sont adaptés l’un à l’autre  – ils sont interconnectés».

Le Gamay fût le cépage de référence dans tout l’est de la France, jusqu’à ce qu’en 1440, alors que la France entre dans une période glaciaire, le Duc de Bourgogne ordonne de délaisser ce cépage au profit du Pinot Noir, plus adapté pour ce nouveau climat. Le Beaujolais au sud et la Loire à l’ouest deviennent de véritables frontières avec la Bourgogne.

Le Château des Jacques dans le Beaujolais à Romanèche-Thorins

Le vivant, au cœur des priorités du domaine

portrait de Guillaume de Castelnau gérant du chateau des Jacques dans le Beaujolais à Romanèche-Thorins (69)
portrait de Guillaume de Castelnau gérant du chateau des Jacques dans le Beaujolais à Romanèche-Thorins (69)

« Ici le mode de culture est adapté à la vigne. Nous avons entamé une reconversion biologique, certaine et adaptée », nous précise le directeur du domaine. « Les jeunes vignes sont d’emblée en mode bio, tandis que les

plus anciennes, sont sevrées dès que possible de leurs médicaments habituels. La culture biologique est nécessaire, car c’est elle qui installe le vivant. La vigne doit être cultivée dans un sol de qualité où les micro-

organismes sont là pour gérer la vie de la plante. C’est le règne animal qui offre à la plante la matière dont elle a besoin pour se nourrir et créer à son tour les protections naturelles de la plante. C’est la résurrection de l’écosystème : la vie !  De la même façon, ce sont les levures naturelles qui sont responsables de la transformation du jus de raisin en vin. »

« Comme toute matière vivante, le vin dispose d’une sorte de patrimoine génétique. C’est dans cet esprit, que je demande à mes chefs de culture de mettre dans leur travail du positif. Il faut apporter au sol du bien être, afin qu’en retour, la plante fasse des grappes de grande qualité l Le vin est essentiellement à base d’eau : ce produit est très sensible aux vibrations. Il a une mémoire. Donnons lui  ce qu’il ya de meilleur, afin qu’il offre auconsommateur bien être et bonheur ».

Car telle est bien la philosophie de Guillaume de Castelnau : l’homme, le règne animal doivent agir de façon positive et juste sur le sol, puis sur la plante, de telle sorte que le vin devienne pour l’homme source de bienfait et de plaisir.

La production d’un grand vin

Guillaume de Castelnau n’a pas étudié l’œnologie, mais entamé une carrière de wine-maker  à Meursault dès 1993, lorsqu’il a quitté la carrière militaire. C’est auprès des meilleurs qu’il est allé chercher les bonnes pratiques, pour se forger alors sa propre vision du vin.

Le plus grand soin, bien sûr, est apporté à la vendange. Récoltées à la main les grappes sont triées et nettoyées des insectes par une table vibrante : puis la meilleure matière première est égrappée et livrée à la cuve.

Faire un vin, c’est comme créer un être vivant. De la destruction du raisin apparaît la matière qui donnera naissance au vin. « Ici les macérations (la création), sont longues de 3 à 4 semaines. Puis, ce sera le pressurage et l’élevage. L’élevage correspond à la gestation du vin. A l’abri dans son fût (tel un œuf dans sa coquille), le vin prend lentement son empreinte finale. Les fûts reposent eux-mêmes à l’abri dans une cave voûtée à température constante. Les conditions sont idéales pour cocooner ce vin et le préparer à une douce et longue vie. Puis, c’est la naissance du bébé –la mise en bouteille. C’est une période traumatisante pour le vin ». « Avant de choisir le moment  opportun, je consulte les ruches » nous explique Mr de Castelnau. « C’est indispensable que les bonnes vibrations de la nature participent positivement à cet événement majeur : il en va de la qualité de mon vin ! ».  Puis, le vin traverse différentes phases dans sa vie : c’est un être vivant !

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Sur la question du réchauffement climatique

Guillaume de Castelnau estime que le cépage Gamay s’adapte particulièrement bien à l’élévation de la température. D’ailleurs, les derniers millésimes et notamment les 2000, 2005 et 2009 sont de grandes réussites. La chaleur de fin Août et début Septembre apporte la maturité phénolique nécessaire à la production d’un grand gamay de garde. Puis, il nous explique que la vigne est une plante remarquable, qui a survécu tant de siècles, qu’elle sera capable de s’adapter, surtout si le soin nécessaire au sol est adapté.

« Le millésime 2009 produit par le Château des Jacques aura un potentiel de garde quasi-illimité. C’est un vin exceptionnel et nous comptons sur ce phénomène pour éveiller l’attention de tous les amateurs de vins. Les crus de Beaujolais sont de grands vins. Nous nous organisons pour cela. »

Cavissima, bien sûr relayera ces informations. En tant que voisin, nous sommes particulièrement intéressés par ce vignoble.

>> Visionnez la vidéo de dégustation du Clos de Rochegrès 2007 par John Euvrard.

>> Visionnez la vidéo de présentation de Louis Jadot

Thierry Goddet

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