Vins Bordeaux primeurs 2015

Publié le 23 mars 2018 Dans : Les actualités du vin, Slider Avec 871 Vues

La 1ère dégustation du Château Rauzan-Ségla 2017

En avant-première et tel un éclaireur avant la fameuse semaine des Bordeaux Primeurs 2017, Thierry Goddet était invité par le château Rauzan Ségla à découvrir le vin primeur du millésime 2017. Voici pourquoi il lui décerne un véritable coup de cœur.

Une dégustation primeur 2017 privilégiée

Mardi 20 mars 2017, c’est en ce jour de grandes marées que je suis invité à déguster en avant-première le très attendu Château Rauzan-Ségla 2017. Mes hôtes pestent :  la pression atmosphérique n’est pas propice à la bonne dégustation. Il faut dire que le vin vient d’être assemblé depuis peu et fait preuve encore d’une certaine instabilité. Je suis le deuxième visiteur à recevoir le privilège de déguster le vin à ce stade ! Le vin sera encore meilleur dans deux semaines, quand sonnera l’heure de la semaine des Bordeaux Primeurs. Actuellement, les échantillons prélevés dans les fûts qui se trouvent près de la porte d’entrée de la cave de vieillissement sont troubles, alors que ceux qui sont au fond de la cave sont nettement plus clairs.

 

« Si Rauzan-Ségla était un groupe musical, ce serait un orchestre symphonique »

L’assemblage au Château Rauzan-Ségla est un travail d’archi précision qui se fait sur 3 mois. Le vin qu’on me propose à la dégustation est une copie fidèle à 98% de ce que sera le grand vin. 4 fûts sont encore en ballotage : la question à trancher, doivent-ils entrer dans le 1er vin. L’assemblage du Rauzan-Ségla 2017 aura été arrêté le 10 mars ; le processus est complexe, car il s’agit de composer avec 70 lots plus 4 lots de vins de presse.  Chaque semaine, Nicolas Audebert, assisté de ses 4 lieutenants ainsi que d’Eric Boissenot, l’œnologue réputé du Médoc, vont tenter de forger l’alliage secret parmi ses 74 lots. « Si Rauzan-Ségla était un groupe musical, ce serait un orchestre symphonique » explique Nicolas Audebert ; attentif à ce que chacune des partitions soient entendues. L’objectif étant de tirer la quintessence du terroir de Rauzan et de son millésime. L’objectif aussi est de faire un vin fidèle à l’esprit du Château. Pour faire un vin de grande qualité, on s’applique à faire des vinifications douces auxquelles seront ajoutées 14% de vin de presse.

 

L’assemblage d’excellents cépages

Le Rauzan-Ségla 2017 est produit à hauteur de 62% de Cabernet-Sauvigon, 36% de Merlot et 2% de Petit-Verdot. Les vieux Cabernet-Francs n’ont pu entrer dans la composition ; ce sont les seules vignes du grand vin à avoir gelé en avril dernier, les autres étant situées entre 18 et 20 m d’altitude n’ont pas été endommagées par le gel meurtrier de printemps. Les rendements auront été réduits, car un tri draconien aura été nécessaire pour éliminer les raisins insuffisamment sains. Le Château est en pleine conversion bio ou nature et a donc, volontairement, privilégié de ne pas traiter contre le botrytis au risque de perdre du volume à la vendange.

 

« La structure du vin est remarquable »

Le nez est particulièrement expressif pour un vin en primeur, ce qui est étonnant (c’est d’ailleurs un bon premier point, car c’était précisément la marque des vins du légendaire millésime 2016). On perçoit un cocktail original composé de fruits rouges fraichement cueillis, de cassis, de grenade, de fumé et de pamplemousse. La bouche est ample et généreuse ; une fine tension sert de trame et confère à ce vin élégance et finesse. La structure du vin est remarquable : le vin est concentré et justement équilibré entre ce niveau d’alcool modéré (13°) et cette tension perceptible. Les tanins sont invisibles et présents à la fois : le vin est velouté et évoque immédiatement cette sensation délicieuse que procure le lait d’amande sur la langue. La bouche est gourmande, friande, généreuse et magnifiquement longue. Ce vin est déjà construit ; il est vibrant et me procure une certaine émotion (#rarepourunprimeur) – aussi peut-être parce que je suis l’un des premiers à le découvrir. La finale est persistante. Une gorgée invite une autre gorgée… Ce vin est délicieux et obsédant…. Il pourrait même générer de l’addiction !

fiche autheur Thierry Goddet

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